Tu es ma Fille, tu es mon Fils bien-aimé.

Credit photo : Daniel Abel

Is 40, 1-5.9-11 – Ps 103 (104) – Tt 2, 11-14 ; 3, 4-7) – Lc 3, 15-16.21-22

Mess e– Baptême du Seigneur (C)

 

« Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » (Lc 3, 22) Par ces mots, le Père manifeste publiquement son Amour au Fils, le jour de son baptême qui marque un moment important dans sa vie, et donc dans la vie de toute personne chrétienne. De fait, on peut relever deux éléments essentiels autour du baptême : la « date[1] » de l’évènement, car pour nous chrétien, c’est une seconde naissance, celle dans la famille de Dieu ; la reconnaissance de la personne baptisée qui, pour nous les humains, est soulignée dans le « Nom » qui lui est attribuée.

Savez-vous la date de votre baptême ? Il y a un bon nombre de dates marquantes dans nos vies dont on se souvient : notre naissance, celle d’un être cher, un mariage, un décès, une rencontre, etc. Toutefois, c’est très rare qu’on se souvienne de celle de notre baptême pourtant c’est aussi important que la date de notre naissance. En effet, chaque année, nous fêtons notre naissance et c’est une occasion pour nous rappeler notre venue en ce monde, pour prendre conscience des années qui passent, pour relire notre histoire de vie, mais aussi pour recevoir des présents. À cette occasion, les parents redisent souvent à leurs enfants combien ils sont fiers d’eux, comment ils les aiment… Lors du baptême, Dieu le Père nous redit combien nous avons du prix à ses yeux dans la mesure où nous devenons, par ce sacrement, des frères et des sœurs de Jésus-Christ à qui Dieu dit : Toi, tu es ma Fille bien-aimée, mon Fils bien-aimé. Par notre baptême, nous sommes alors associés à la Trinité, nous devenons membres de ce corps du Christ qu’est l’Église, et nous prenons part à toute sa réalité, c’est-à-dire à ses joies et à ses peines. Voilà pourquoi, nous souvenir de ce jour où nous avons été incorporés à l’Église est essentiel ! C’est aussi l’occasion de nous arrêter sur notre vie chrétienne comme à chaque date d’anniversaire de naissance pour faire le point, pour renouveler les promesses de notre baptême. En effet, à notre baptême, nous avons promis, nous ou nos parents en notre nom, d’observer les deux commandements que le Christ nous a donnés : « Aimer le Seigneur notre Dieu » et « Aimer notre prochain ».[2] Finalement, c’est le moment favorable pour nous rappeler le sens de notre filiation divine, la signification de notre « nom » de baptême.

Savez-vous le sens de votre nom de baptême ? L’étymologie du nom de baptême indique dans la plupart du temps qu’il existe un lien entre la personnalité, la mission et le nom de la personne. Si nous regardons par exemple le nom de Jésus, de l’hébreu Yeshoua duquel on retrouve le verbe « sauver », on voit qu’il signifie «  Il [Dieu] Sauve » ou « Sauveur ». Cela prend tout son sens au baptême de Jésus lorsque la voix entendue du ciel affirme : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » (Lc 3, 22) Autrement dit, le Père confirme la mission de Jésus, celle de sauveur. En cela, Jésus fait toute la joie du Père : Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; par ta mission de sauveur, par ton œuvre de salut, je trouve ma joie… Et nous ? Et si nous nous arrêtons un instant sur la signification de notre nom de baptême pour percevoir en quoi il est associé à une mission qui fait la joie du Père ?

Aujourd’hui, la célébration du Baptême du Seigneur nous plonge dans le sens de notre vie chrétienne, sur notre filiation divine et notre incorporation à la grande famille de l’Église. Il ne s’agit donc pas d’un simple souvenir ou d’une quelconque formalité liturgique à remplir, mais d’une invitation à prendre conscience que notre baptême marque le moment où l’Église, comme une Mère, nous a engendrés à une vie nouvelle. La date de notre baptême est donc à souligner de manière festive comme le psalmiste : « Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! » (Ps 103) En effet, c’est l’occasion de relire notre vie pour y percevoir la fidélité de Dieu. Nous avons été aspergés de l’eau au début de la liturgie eucharistique en signe du rappel de notre baptême. Puissions-nous alors par ce fait, nous laisser renouveler en permanence dans l’Esprit Saint pour vivre notre vie de baptisés au cœur de ce monde « par Jésus-Christ notre sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle. » (Tt 3, 7)

© Léandre Syrieix.

[1] Ou le moment. [2] La cérémonie baptismale commence en déclarant : « Ce sera votre devoir d’aider vos enfants à garder les commandements de Dieu comme le Christ nous l’a enseigné quand il a dit d’aimer Dieu et notre prochain. Pendant les bénédictions apposées sur les oreilles et la bouche, le rituel nous dit : « Puisse-t-il toucher tes oreilles, recevoir sa parole, et ta bouche, proclamer sa parole. » Parce que nous avons été baptisés, c’est notre devoir de grandir quotidiennement dans l’amour de Dieu et de proclamer notre foi en lui. [https://qe.catholique.org/les-meditations/23953-les-promesses-du-bapteme]

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