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Sainte Maria Goretti


Maria Goretti nous fait entrer de plain-pied dans la voie royale de la sainteté catholique romaine, où la grâce pénètre la vie de toute une société devenue d’Église, l’Église, dans laquelle la joie de la grâce, les fruits de la grâce, se cueillent tout naturellement dans le catéchisme et sont vécus au quotidien avec une perfection toute divine !

Notre jeune martyre naquit le 16 octobre 1890 à Corinaldo, petit village de la campagne italienne, dans la Province d’Ancône, à peu de distance de Lorette. Ses parents, Luigi et Assunta Goretti, qui étaient des époux exemplaires, donnèrent naissance à six enfants. Mais bientôt, la gêne s’installa dans cet humble foyer. Le revenu d’un modeste champ n’était plus suffisant pour entretenir la famille croissante. Contraint par la nécessité, Luigi Goretti prit donc la décision d’émigrer dans la région de l’Agro Romano où il était facile de trouver du travail pour les pauvres gens. Il abandonnait ainsi l’air salubre dont les monts voisins enivraient sa ville natale pour se transférer avec sa famille dans cette région monotone et triste des Marais Pontins, terre marécageuse infestée par la malaria.

Comme si cela ne suffisait pas, la famille Goretti fut dans l’obligation de partager sa maison avec les Serenelli. Entre les deux familles, le contraste était total. Dans celle des Serenelli, un père brutal et buveur et son fils, orphelin de mère, qui a fait son éducation parmi les marins débauchés du port de Torrette. Chez les Goretti, la piété et la crainte de Dieu, une immense patience et un courage que rien ne rebute. Et, en exemple à tous, “ Marietta ”, qui était l’ange de consolation de la famille. Hélas, la première récolte n’avait pas encore mûri que Luigi était terrassé par la maladie impitoyable. Il rendit le dernier soupir le 6 mai 1900,

 

Luigi Goretti à l


à l’âge de quarante ans, après avoir reçu le réconfort des sacrements.

Luigi avait été pauvre toute sa vie, et pauvre il demeurait dans la mort. Mais Jésus-Christ, Père des pauvres, l’accueillit dans son Ciel de gloire d’où il allait pouvoir continuer à diriger sa famille, selon les desseins de Dieu qui ne sont pas les nôtres.

Et ce fut alors un concours de générosité entre la mère et sa fille. Assunta au travail des champs parmi les journaliers pour arriver à nourrir ses six orphelins et Maria à la maison. Petite maîtresse de maison veillant à tout, supportant tout du caractère impossible du vieux Serenelli et consolant sa mère, plus pauvre encore après deux années de travail épuisant. Si parfois les larmes coulaient, Maria consolait sa mère de son mieux :

« Maman, ne pleurez pas ! Courage ! De quoi avez-vous peur ? Le bon Dieu ne nous abandonnera pas. Nous devenons grands, il suffit que le Seigneur nous donne la santé. La Providence nous aidera, nous nous en sortirons, nous nous en sortirons ! »

« À une heure déjà avancée, il était temps de prendre du repos. Mais auparavant, Maria, fidèle à sa résolution, s’agenouillait au pied de son lit et égrenait un dernier chapelet pour le repos de l’âme de son papa chéri. » Admirable mère, admirable enfant !

En mère de famille exemplaire, Assunta ne s’excusait pas de la pauvreté pour négliger ses devoirs d’éducatrice. Elle nous raconte cet épisode survenu avant la Première Communion de Maria :

« Une jeune fille qui se préparait comme elle à la Première Communion, mais plus âgée qu’elle, parlait un jour avec un jeune homme tandis que Marietta puisait de l’eau à la fontaine voisine. La conversation n’était pas correcte et ma fillette en resta scandalisée. Rentrée à la maison, elle me raconta tout, s’étonnant que sa compagne se prépare à sa première communion de cette manière. Je la grondai :

« Et toi, Marietta pourquoi es-tu restée à la fontaine à écouter ?

– Tant que mon broc n’était pas rempli, maman, comment pouvais-je faire ?

– Tâche que ce qui t’est entré par une oreille en sorte par l’autre. Vois-tu, ma fille, ce dont tu t’étonnes chez les autres, les autres pourraient s’en étonner chez toi si tu te conduisais mal.

– Oh ! maman ! plutôt mourir que de parler comme cela. »
Assunta ne pouvait pas supporter l’impureté. Et Maria comme sa mère eut préféré mourir que de pécher.

Mais la pénible promiscuité des Serenelli imposée à cette sainte famille ajoutait à toutes leurs souffrances une menace permanente. L’assassin lui-même dira, un jour, l’extrême pudeur et pureté qui régnait dans cette famille, humble et craignant Dieu, ôtant toute vraisemblance aux calomnies qu’il n’avait pas craint de proférer contre Maria au cours de son procès :

« Maria, rapporte Alessandro dans ses souvenirs, était instruite des rudiments de la religion et souvent, je l’ai vue, suivant les suggestions de sa maman, se transformer en maîtresse de ses frères et sœurs pour leur enseigner les prières. Tous les soirs, ils disaient le chapelet en commun et moi aussi j’y prenais part. Je l’ai connue toujours bonne, obéissante, pieuse, sérieuse et non pas légère et volubile comme les autres filles ; dans la rue, elle allait modestement et se hâtait d’exécuter les instructions qu’elle avait reçues. Elle était toujours gaie et prompte à obéir. Elle se contentait des vêtements que lui confectionnait sa maman. Elle était modeste. Elle portait des vêtements longs et même dans les plus chaudes heures de l’été, elle ne se mettait pas à l’aise. Quant à moi, j’avais des journaux ou des périodiques illustrés, mais jamais je n’ai remarqué qu’elle se soit attardée à les regarder par curiosité. Jamais je ne l’ai vu commettre d’actes contre la pureté. J’avais une très grande estime de sa correction. »

UN SERPENT TAPI DANS L’OMBRE

« Un jour, brutalement, comme elle était seule à la maison, assise à sa couture, Maria comprit qu’existait un danger, tapi dans l’ombre comme un serpent.

« Une main posée sur le dossier de sa chaise lui révéla tout à coup la présence d’Alessandro tandis qu’à son oreille parvenait le murmure de propos séducteurs qui la firent bondir sur ses pieds, indignée, le rouge au front.

« Alessandro, cria-t-elle, je n’écouterai pas ! »

« Son innocence fit qu’elle ne comprit pas vraiment le sens des paroles entendues, mais quelque chose en elle l’avertit du danger. Alessandro, quant à lui, vit aussitôt qu’il n’arriverait pas à la séduire par la flatterie. Alors, furieux, il lui interdit d’en rien dire à sa mère, sur un ton si dur et si sévère que Maria en resta terrorisée. »

Chapitre admirable que celui de la Première Communion de Maria. C’est d’abord Assunta avec ses scrupules : Marietta n’avait pas les douze ans requis. Aurait-elle assez de respect pour le Saint-Sacrement ? comprendrait-elle ce qu’elle allait faire ? L’archiprêtre don Signori dissipa le trouble d’Assunta en disant :

« Confiez-la à la Madone, placez-la sous son manteau et n’ayez plus aucune crainte ! »

Le matin du grand jour, Maria, selon la noble coutume presque liturgique, s’approcha de sa maman et lui demanda pardon de tous les manquements qu’elle avait pu commettre. Tout en accordant pardon et bénédiction, sa mère lui dit à l’oreille :

« Va en faire autant auprès des Serenelli. »
Fallait-il que la mère soit sûre de la force d’âme de son enfant pour lui imposer pareille humiliation !

« Alessandro, je te demande pardon.

Pardon, mais pardon de quoi, tu n’as rien fait ! »

Avec un courage invincible, Maria l’aborda de nouveau au sortir de l’église et l’avertit :

« Alessandro, pense à ce que tu fais ! »

Nous entrons alors dans un mystère de grâce et de miséricorde : l’enfant prédestinée n’a plus en pensée que le salut de celui qui perd son âme. C’était dans ces sentiments qu’elle avait fait sa première communion, comme une fiancée s’offrant à son unique Époux pour la rédemption d’Alessandro. Elle mourra, vierge et martyre, violemment et douloureusement tuée par celui-ci, en pardonnant à son assassin, et demandant en grâce de l’avoir auprès d’elle en Paradis.

CONFIGURÉE À JÉSUS CRUCIFIÉ

Ouvrons le chapitre de sa mort où notre petite martyre reproduit les traits de la Passion de Notre-Seigneur et tout particulièrement celui du pardon héroïque à son assassin. Nous y voyons le Père Signori, aumônier de l’hôpital tenu par les frères de Saint-Jean-de-Dieu assister Marietta dans ses derniers moments :

« Choisissant un moment où il était seul, il s’approcha du lit. Il contempla ce visage toujours serein en dépit des stigmates de la douleur et de l’expression d’une souffrance plus profonde qu’on ne la rencontre d’ordinaire à cet âge. Le Père connaissait le bon cœur de Maria, sa docilité, sa loyauté, son obéissance exemplaire. Il avait devant lui, dans ce corps virginal massacré, la preuve de la fidélité absolue de Maria à son Sauveur. Spectateur émerveillé de ce prodigieux dévoilement de vie spirituelle, don Signori pensa qu’il était temps avant tout, de savoir dans quelles dispositions était ce pauvre cœur meurtri vis-à-vis de son assassin. C’était au prêtre à conduire doucement cette âme sur le chemin évangélique du pardon des offenses.

Avant sa Première Communion, sur le conseil de sa mère, Maria avait demandé pardon pour ses fautes. Avant sa dernière Communion, sur le conseil de sa Mère l’Église, représentée par ce bon prêtre, Maria n’allait-elle pas pardonner à son tour ?

Marietta, murmura-t-il, Notre-Seigneur va bientôt venir en toi dans la Sainte Communion.

Elle écoutait, très attentive, les yeux ouverts. Il lui prit délicatement une main et la tint dans les siennes.

Rappelle-toi, Maria, comment Jésus mourut sur la croix, comment Il pardonna à ses ennemis. Rappelle-toi sa particulière miséricorde pour le larron repentant et la promesse qu’il lui fit : “ Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis. ” Et toi, Maria, ajouta-t-il, pardonnes-tu à ton assassin de tout ton cœur ?

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