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Saint Augustin


En recevant enfin le baptême à 33 ans, Augustin décide de se donner au Christ. C’est maintenant pour lui le parti pris de la sainteté. Il a en effet choisi de devenir un saint. C’est saint Ambroise, évêque de Milan, qui le baptise avec son fils Adéodat dans la nuit de Pâques de l’an 487. Saint Augustin rend alors visite à sa mère sainte Monique qui habite près de Rome, à Ostie. C’est là qu’avec sa mère il reçoit la grâce d’une extase, peu de temps avant qu’elle ne meurt. On peut dire que saint Ambroise, et aussi sainte Monique, qui a prié chaque jour pour la conversion de son fils, ont eu une très grande influence sur l’un des plus grands saints de toute l’histoire de l’Église.

Augustin est bientôt ordonné prêtre par le vieux Valerius, évêque d’Hippone, en Numidie, c’est-à-dire la Tunisie et l’Algérie d’aujourd’hui. C’est là que saint Augustin en né et a grandi au sein de son peuple, les Berbères. Mais il tient moins à être prêtre qu’à être moine. Il le dit dans son 355e sermon: «Mon idée était de vivre dans un monastère avec des frères. Quand mon évêque a appris mon projet, il m’a donné le jardin dans lequel est maintenant le monastère. J’ai commencé à réunir des hommes qui avaient les mêmes goûts que moi. Nous étions tous pauvres. J’avais tout distribué aux pauvres. Ceux qui voulaient partager mon sort devaient faire la même chose et devenir pauvres. C’était là la condition de la vie en commun. Et ce qui surtout nous était en commun, c’était un domaine immense et infiniment riche: c’est-à-dire Dieu lui-même!»

Quand saint Augustin reçoit le baptême à 33 ans, le Jour de Pâques 387, avec son fils de 14 ans, Adéodat, il décide de se donner totalement au Christ. Sa mère fut la première à être avertie de la conversion de son fils. C’est normal. Cette Berbère, profondément catholique, avait tant prié pour que ce jour arrive enfin que tout joyeuse, en fondit en larmes. Augustin veut donc devenir un saint. C’est dorénavant le parti-pris de la sainteté. Il a d’ailleurs été fortement marqué à Ostie par cette extase qui lui fut accordée en compagnie de sa mère, sainte Monique, quelque temps après son baptême.

Augustin nous révèle dans ses «Confessions» quelque chose de vraiment étonnant au sujet de sa sainte mère. Il raconte en effet que sa mère avait autrefois eu besoin elle aussi d’une conversion. C’est une confidence qu’il nous fait que, dans sa jeunesse, elle était devenue malgré elle une alcoolique. Elle l’a raconté elle-même à son fils comme nous le rapporte Augustin lui- même dans ses Confessions, IX, 18 : «Sournoisement s’était glissé en elle le goût du vin. Selon l’usage, mes grands-parents envoyaient leur fille Monique tirer du vin au tonneau; elle plongeait une louche par l’ouverture du dessus; mais, avant de verser dans le cruchon le vin pur, du bout des lèvres elle en goûtait, très peu d’ailleurs; elle aurait eu répugnance à en boire davantage. En fait, ajoute saint Augustin, ce n’était pas un penchant à l’ivresse qui l’entraînait, mais un certain débordement de jeunesse exubérante qui bouillonne en espiègleries. Mais à cette petite gorgée il est arrivé qu’elle ajoutait, jour après jour, de petites gorgées et, parce que celui qui méprise les petites choses en vient peu à peu à la chute, conclut saint Augustin, elle avait glissé jusqu’à l’habitude d’avaler avidement des coupes déjà presque pleines de vin pur. Un bon jour, une servante qui accompagne la jeune Monique au tonneau la traite de «petite buveuse de vin pur» (meribibula!).» C’est à ce moment que la future sainte Monique prend conscience de son défaut. Ce fut fini. Elle s’en est corrigée sur-le-champ.

Peu avant que sa mère ne meure, Augustin décide de rentrer en Afrique avec elle. Ils attendent l’embarquement à Ostie, un port tout près de Rome, pour se rendre en Algérie. Ils se mettent à parler du bonheur du ciel. Ils sont tous deux d’avis que le monde est magnifique et que la vie est remplie de charmes. Mais cela les amène à faire la traversée qui les mène à contempler l’Au-delà. Leur esprit se perd un instant dans la contemplation silencieuse. Voici ce que raconte Augustin:

«Pendant que nous parlons de la Sagesse et aspirons à elle, voilà que nous la touchons – oh! tout juste! – d’un élan total du cœur. Nous avons soupiré et, lui gardant attachée la cime de l’esprit, nous sommes revenus au bruit de nos lèvres…» pour tenter de balbutier, en somme, l’itinéraire de leur extase. Il faut absolument lire ce fantastique récit. Saint Augustin est vraiment un écrivain sacré exceptionnel. En voici des extraits:

«SILENCE.
Supposons que le silence se fait en nous du tapage de la chair, Supposons que notre âme, sans retour sur elle-même, fasse silence; oui, silence les songes et les rêveries de l’imagination, silence, tout ce qui n’existe en nous qu’en passant
et la terre, l’eau, l’air dans lesquels nous sommes plongés. Supposons un homme en qui règne un silence absolu –
car si on écoute toutes ces choses, elles ne font que dire :
«Ce n’est pas nous qui nous sommes faites;
nous sommes l’œuvre de Celui qui demeure éternellement». Supposons un homme en qui le silence se fait.
Supposons qu’alors ce Créateur parle seul, non par la création mais par lui-même, de sorte que nous entendions sa parole non par une langue de chair, ni par la voix d’un ange, mais de la bouche à Lui que nous aimons dans ses créatures, oui, de sa bouche à Lui, sans leur intermédiaire.
Supposons que cette vision se prolonge,
que les autres visions d’ordre bien inférieur s’évanouissent, qu’elle soit la seule à ravir, à absorber en intimes délices
son contemplateur, au point que la vie éternelle soit semblable à cet instant de claire vue qui nous a fait soupirer, ne serait-ce pas là l’accomplissement de cette parole: «Entre dans la joie de ton Seigneur»? (Matthieu 25, 21) Mais à quand cette entrée?
Tel était le fond de notre entretien, ma mère et moi.»

Cette vison comble sainte Monique d’un bonheur tel qu’elle n’aspire qu’à l’Au-delà, pour voir Dieu, pour retrouver ce que l’on appelle la «vison béatifique». Ce qu’elle désirait tant jusqu’à cette extase à Ostie, c’était de voir son fils Augustin devenir chrétien et surtout catholique. Elle le dit bien : «Une seule chose me faisait désirer de rester quelque temps encore en ce monde: te voir, avant ma mort, chrétien et catholique. Mon Dieu, en me l’accordant, est allé au delà de mes vœux. Je te vois en effet décidé à le servir jusqu’au mépris des félicités de la terre. Que fais-je donc ici?». Sainte Monique mourra bientôt. Cinq jours après cette extase commune, elle est prise d’une fièvre qui, en moins de dix jours, l’emporte en présence de ses deux fils et d’Adéodat, son petit-fils, qui éclate en sanglots. Ce récit de la mort de sainte Monique est bouleversant et je ne puis que vous recommander une fois de plus de vous procurer les «Confessions» de saint Augustin. C’est vraiment l’un des plus grands livres de tous les temps.

Saint Augustin, après sa conversion et son baptême reçu à 33 ans à Milan, dans le Nord de l’Italie, quitte en bateau pour se rendre en Algérie, autrefois appelée la Numidie, en Afrique du Nord. Il est bientôt ordonné prêtre par son vieil évêque Valerius, qui est évêque d’Hippone. C’est là que saint Augustin est né et a grandi comme un vrai Berbère. Prêtre, il en est très heureux. Mais il tient moins à être prêtre qu’à être un moine. Il le dit dans son 355e sermon: « Mon idée était de vivre dans un monastère avec des frères. Quand mon évêque a appris mon projet, il m’a donné le jardin dans lequel est maintenant le monastère. J’ai commencé à réunir des hommes qui avaient les mêmes goûts que moi. Nous étions tous pauvres. J’avais tout distribué aux pauvres. Ceux qui voulaient partager mon sort devaient faire la même chose et devenir pauvres. C’était là la condition de la vie en commun. Et ce qui surtout nous était en commun, c’était un domaine immense et infiniment riche: c’est-à-dire Dieu lui-même ».

Ce qui suit est un peu surprenant. Saint Augustin, qui se veut moine, va pourtant être nommé évêque coadjuteur de son vieil évêque, Valerius, à Hippone. Il va même succéder à son évêque comme évêque d’Hippone. Or, Augustin est un type décidé. Il veut alors vraiment être moine en même temps qu’évêque. Il veut tenir les deux bouts de la chaîne. Il sera donc moine malgré tout, comme le dit si bien ce grand spécialiste de saint Augustin, André Mandouze. On lui doit donc en principe cette règle de nombreuses communautés religieuses répandues aujourd’hui dans le monde entier, la règle de saint Augustin. C’est d’ailleurs cette règle que suivent les dominicains du Québec et de partout dans le monde. Et aussi des dizaines d’autres grandes communautés de religieux et de religieuses.

Saint Augustin, moine-évêque, va par la suite engendrer une grande quantité de moines- évêques à travers les siècles, des évêques qui vont vouloir être pauvres et vraiment fidèles à la règle des moines. En tout cas, en Afrique du Nord, Augustin n’a pas été le seul moine-évêque. Il a vraiment engendré toute une lignée d’évêques-moines très nombreux parmi les quelque 400 évêques que comptait l’Afrique du Nord au 7e siècle. C’est alors qu’ont surgi les membres d’une nouvelle religion de type guerrier née en Arabie qui ont tout transformé et même détruit l’oeuvre de ce grand saint.

Ce sont en effet les Arabes arrivés comme des conquérants qui dans un grand raz-de- marée ont fait disparaître les églises, les monastères, les bibliothèques et évidemment les fidèles et leurs évêques. Même les Berbères sont devenus musulmans. Seuls les coptes en Égypte ont survécu en partie à ces terribles conquêtes souvent surnommées « du crois-ou-meurs ».

Sa règle a tout de même survécu, car c’est une règle bien humaine qui respecte le bon sens. Il y a dans cette règle un grand équilibre. Cet équilibre enseigne clairement qu’on doit se garder d’oublier « les droits de la personne », et aussi l’hospitalité. C’est moderne ! Pourtant, ça date de plus de 1500 ans. Voici un exemple. Saint Augustin fait inscrire sur le mur du réfectoire deux vers:

«Que celui qui, par la médisance, aime s’attaquer à la vie des absents, Sache qu’il n’est pas digne de s’asseoir à cette table.»

Saint Augustin voulait absolument que les convives s’abstiennent d’introduire dans le monastère des propos excessifs et méchants. Et il n’hésitait pas de rappeler à l’ordre des confrères évêques qui s’oubliaient… Il pouvait même les reprendre très durement. C’est que saint Augustin, évêque et fondateur, n’est pas du genre à ramollir la règle. Et s’il pense qu’il ne faut pas transiger, c’est parce que la vie dans les monastères n’est pas à l’abri de graves erreurs. Pour lui, il n’est rien de pire qu’un mauvais moine.

On rapporte que saint Augustin a éclaté en sanglots quand on l’a traîné pour être ordonné prêtre par Valerius, à Hippone. C’est qu’il avait bien peur que sa fonction de prêtre ne l’empêche d’être moine et qu’il serait obligé de remplir toutes sortes de tâches qui le distrairaient de son but fondamental. Quand il sera évêque, il se rendra vraiment compte des tentations que le sacerdoce implique. Il en parle fermement dans son grand ouvrage La Cité de Dieu : « Le mot épiscopat désigne une tâche à remplir et non pas un honneur». Ou encore : «Ne doit pas s’imaginer être évêque celui qui aime être supérieur et non serviteur», « Nous sommes des gens qui enseignent, mais en même temps nous sommes avec vous à l’école du Maître le Christ et nous sommes vos condisciples.» L’humilité et l’humble service sont pour saint Augustin primordiaux.

Avec un tel évêque, les catholiques d’Hippone sont des plus heureux. Ils considèrent qu’ils ont un vrai trésor. Ils ont peur de le perdre. Il est d’une grande générosité à l’égard des mendiants qui accourent vers lui. Il ne garde aucune réserve d’argent ou d’or. Il vit au jour le jour, mettant sa confiance dans la Providence de Dieu.

Dans des cas extrêmes, si saint Augustin n’avait vraiment plus d’argent à donner aux pauvres, il le disait ouvertement aux fidèles. On raconte qu’il prenait des vases sacrés et il les faisait fondre pour le rachat des captifs et les secours à distribuer au plus grand nombre possible de gens dans le besoin. On voit bien que saint Augustin est très proche des gens, et les gens l’aiment en retour.

Un évêque dans ce temps-là, au 4e siècle, remplit toutes sortes de charges. Il est appelé à trancher dans le vif des difficultés quotidiennes, des problèmes familiaux, des drames sociaux ou économiques. L’évêque était même reconnu comme protecteur naturel des prisonniers. Il servait de juge et même au-dessus des juges. Cela lui permettait d’humaniser les procès, et aussi les conditions de détentions. Saint Augustin n’est donc pas un évêque qui trône. C’est un évêque qui met l’évangile en pratique. Comme un vrai saint.

Saviez-vous que saint Augustin savait se battre ? C’est évident qu’il n’était pas violent, pas plus que tous les autres évêques, j’espère, depuis le tout début de l’Église. Pas de cheval, ni de sabre à la main. Non. De toute façon Augustin est un saint. Il n’hésite donc pas à défendre son peuple de Berbères catholiques contre une hérésie puissante qui se répand depuis cent ans, le donatisme. On peut dire alors qu’il y a deux Églises rivales, la catholique et la donatiste. La donatiste,
fondée par deux évêques d’Afrique du Nord du nom de Donat, était peu indulgente; on y refusait tout pardon à l’égard de ceux qui avaient eu la faiblesse de renier leur foi chrétienne durant les persécutions des empereurs romains.

Il y a aussi à cette époque une autre Église dont la doctrine, le manichéisme, a séduit Augustin de l’âge de 20 à 28 ans. Cette doctrine de Manès, hérésiarque, expliquait la présence du mal dans le monde par l’existence de deux principes, l’un bon, l’autre mauvais, en lutte l’un contre l’autre. Ce n’est pas tout. Il y a en plus l’arianisme, fondé par Arius, hérésiarque d’Alexandrie, qui nie la divinité de Jésus et qui est devenu une Église très puissante. Comme on peut le constater, il y avait plusieurs Églises hérétiques en lutte contre la foi catholique, mais quand même moins qu’aujourd’hui alors qu’on nous annonce qu’il y en aurait plus cinquante mille, surtout protestantes, avec lesquelles l’Église catholique, heureusement cherche de plus en plus à établir des liens fraternels.

Saint Augustin, à 42 ans, est donc évêque d’Hippone en Algérie. Il n’a rien d’un prélat mondain. Ce n’est pas du tout son genre. C’est un moine-évêque. Il ne pense qu’à prier et à évangéliser. Quand il prend la parole, ce n’est pas pour donner des conférences sèches et ennuyantes. Il sait d’ailleurs qu’une conférence doit permettre de confronter des idées. Il faut défendre des thèses comme on dit. Il faut éclairer ceux qu’on songe à ramener dans l’Église du Christ, l’Église catholique. Et il le fait dans la joie, cette joie dont il parle dans ses Confession : « Seigneur, loin de moi l’idée que n’importe quelle joie fasse mon bonheur! Oui, Seigneur, loin de moi, ton serviteur, ces joies inutiles, tandis qu’il enseigne la vraie foi. Il existe une joie, Seigneur, qui se donne non aux impies, mais à ceux qui te rendent un culte désintéressé. La joie alors, c’est toit, toi seul en réalité. Oui, vivre réellement heureux, c’est cela et rien d’autre.»

C’est donc dire que saint Augustin, quand il donne des conférences, n’a pas peur d’être joyeusement contredit. Dans l’assistance, on trouve souvent des membres des hérésies donatiste, manichéenne ou arienne. Ça devient un spectacle, un tournoi ou même un championnat sportif. On est souvent loin d’une discussion théologique classique. Augustin n’a pas peur des débats et de se battre, joyeusement. On a encore des procès-verbaux de ces débats. On constate en les lisant que l’atmosphère devait être parfois houleuse. Il arrive assez souvent d’ailleurs que saint Augustin, avec ses arguments clairs et solides, entraîne les autres à se rallier à l’Église catholique.

Saint Augustin est un champion dans ces débats. Il attire les foules. Parfois, cela tourne mal et il y a des bagarres. On se bat alors dévotement! Il faut bien se dire que saint Augustin avait à cœur de défendre le Christ qu’il aime. C’est pour lui inséparable de son action comme évêque et comme théologien. Mais il ne dépasse pas les bornes. La joie suprême l’habite toujours.

On a conservé de saint Augustin environ 500 sermons, on dit souvent 800, que l’on peut lire aujourd’hui et qui montrent que, à l’intérieur même du catholicisme, saint Augustin a à cœur d’approfondir la pratique religieuse. Il tient à sauvegarder aussi la doctrine si belle et qui lui est extrêmement chère. Il y a beaucoup de moments forts dans ses sermons et dans ces luttes avec ceux qui ont le malheur de sombrer dans les hérésies. Il connaît la Bible à fond et il sait discuter avec respect et solidement.

L’œuvre écrite de saint Augustin est tellement grande que je ne pourrais jamais résumer cela pour vous aider à mieux comprendre. Je me contente de vous signaler que trois ans avant sa mort, il a révisé ses 113 ouvrages qui regroupent 252 livres. Et il en a laissé de côté une bonne dizaine et des séries immenses de lettres, 218 conservées, et les quelque 500 sermons. C’est tout simplement fantastique.

Saint Augustin, qui avait rêvé du silence d’un monastère, a éte plongé par le Christ dans des actions très variées. C’est qu’à son époque, au 4e siècle et d’ailleurs à toutes les époques, il a fallu et il faut toujours approfondir notre foi. Il faut analyser et interpréter avec une fidélité nouvelle le sens de ce qui nous a été révélé par Dieu. C’est absolument nécessaire. Il faut bien qu’on sache sérieusement pourquoi on croit et à quoi on croit. Il faut toujours faire attention de ne pas verser dans ce qu’enseignent aujourd’hui comme hier tant de faux prophètes. D’ailleurs saint Paul nous a mis en garde contre cela il y a près de 2000 ans.

Saint Augustin était animé d’un courage sans borne. Dieu l’avait comblé de grâces spéciales. Il ne faut pas oublier qu’il a été favorisé d’extases, déjà à Milan avant son baptême, et surtout à Ostie près de Rome après son baptême. Cette dernière extase, il l’a reçue en compagnie de sa mère saint Monique. C’est pour cela que quand on le lit, on s’aperçoit souvent qu’il laisse entrevoir discrètement le bonheur qu’il a eu de rencontrer Dieu d’une façon aussi extraordinaire.

Celui qui a rédigé sa première biographie, son ami Possidius, écrit : « Une fois réglées et mises en ordre les affaires qui le tenaillaient et lui pesaient, il se retirait pour se consacrer à la vie intérieure et à la prière». Comme le dit bien André Mandouze, grand spécialiste de saint Augustin : «Qui écrira jamais les nuits de saint Augustin : le sermon à faire, et le jugement à rendre, et la consolation à apporter, et le reproche à formuler, et le oui ou le non à dire, le tout pour mieux servir le Seigneur. Cet homme de pensée et d’action était avant tout un mystique. N’oublions pas ça. C‘est fondamental. La rencontre de saint Augustin avec les hommes est inséparable de ses rencontres avec Dieu. »

Saint Augustin, l’un des plus grands penseurs de l’Occident, est mort à 75 ans en 430, le 28 août. Dans son ouvrage sur la Trinité, saint Augustin a laissé une très belle prière : la voici. « Seigneur notre Dieu, nous croyons en toi, Père, Fils et Saint-Esprit…J’ai fixé mon attention sur la règle de foi, autant que tu m’en as donné le pouvoir. Ce faisant, j’ai beaucoup débattu et j’ai beaucoup travaillé. Seigneur mon Dieu, mon unique espoir, écoute-moi bien afin que la fatigue ne me fasse pas renoncer à te rechercher. Mais que je cherche toujours ton visage avec ardeur! Toi qui as fait en sorte que je te trouve, donne-moi la force de te rechercher et de te trouver de plus en plus. Devant toi sont ma force et mon ignorance. Or je veux t’avoir en ma mémoire, te comprendre en mon intelligence, t’aimer ! – Augmente en moi ces dons, jusqu’à ma transformation totale. Seigneur, Dieu unique, Dieu Trinité, tout ce que j’ai dit en ton nom dans mes livres, que les tiens le reconnaissent! Si quelque chose vient de moi, que toi et les tiens me le pardonnent. Amen.»

Cette grande et très humble prière devrait être la nôtre le plus souvent possible. Car nous sommes, nous aussi, des témoins de l’amour de ce même Dieu que celui d’Augustin.

La vidéo suivante présente des pensées fortes de Saint Augustin qui peuvent nourrir notre vie de Foi :

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