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Faustino


 

LA VOCATION

 

Durant la retraite annuelle, Faustino  écrit le 22 octobre:  » Nous avons parlé de beaucoup de choses mais par dessus tout de ce qui me touche le plus: quel chemin choisir ? Médecin ? Pharmacien ? Ou peut-être prêtre ? Cette dernière vocation est me tente le plus: peut-être que

Dieu ma choisi ? Il me le dira lui-même. Comme il faut bon ici à Alacuás! Jusqu’à la fin de la retraite, je veux rester en silence: peut-être Dieu me parlera-t-il ?  » Il semble certain que Dieu aie parlé à ce garçon, d’une façon ou d’une autre. Le jour suivant il écrit: « Le Père et moi nous maintiendrons le silence sur ma vocation jusqu’à ce que nous soyons sûrs que je l’aie vraiment. Je deviens fou de l’immense joie que l’éprouve. Comme le Christ est merveilleux ! »

Durant les deux ans et demi suivants, Faustino écrit de temps en temps sur sa vocation. Chaque fois il semble plus sûr, plus heureux de ce chemin de vie. Son désir de choisir  la vie religieuse devint  une aide pour progresser vers la sainteté. Le fait d’entendre l’appel au service de Dieu le stimule pour être encore plus généreux et l’aide à se détacher toujours davantage des choses de la terre, tout en découvrant le sens de la souffrance librement acceptée en union avec le Christ. Bien que, humainement parlant, à cause de sa maladie, Faustino n’ait pu réaliser sa vocation religieuse, il la réalise cependant dans son être profond. En janvier 1962, il écrit dans son journal:  » La sainteté est très difficile. Mais on fera tout pour y arriver et qui sait si on ne réussira pas ! « .

 

LA CROIX QUOTIDIENNE

 

De novembre 1960 à mai 1961, Faustino porte la croix que le Seigneur lui a donnée la douleur et l’issue fatale de la maladie. Pendant ces mois, le jeune garçon  décrit ses souffrances et les moments de découragement, bien qu’il les accepte tout en s’assurant que cela n’est pas de sa faute. Son amour d’enfant pour la Vierge Marie se transforme progressivement en une compréhension plus mûre du rôle qu’Elle fut appelée à jouer.  » Chaque jour j’aime davantage Marie, ma Mère.  Grâce à elle, j’aime ma propre mère de plus en plus. » Faustino commence à s’exprimer de façon plus profonde. “Jésus fasses que j’aime Marie non seulement parce qu’elle est pure, belle, bonne, compatissante, ma Mère, mais aussi parce qu’elle est ta Mère et tu lui veux un bien infini… Si je veux imiter le Christ, mon Maître, je dois le faire en aimant infiniment Sa Mère et la mienne. »

 

 

 

ESPOIRS DE GUERISON

 

La santé de Faustino semble s’améliorer. Avec sa famille il se rend à Saragosse, pour visiter Notre Dame del Pilar, et à Lourdes. Depuis des mois de souffrance il se sent beaucoup mieux malgré son aspect physique peu réjouissant. La chimiothérapie lui a fait perdre ses cheveux et gonflé corps et visage. Quand sa mère lui demande si le fait d’être vu ainsi par les gens  ne le gène pas, il répond  » Pourquoi ? Il n’y a rien de mal. Si les cheveux tombent, quelle importance ? Ils repousseront. »

De Lourdes il écrit: » Il est émouvant d’être avec tous ces malades et de voir la résignation et la foi qui les anime … J’ai fait le brancardier en aidant un peu à la piscine et à la Grotte… Je crois que le plus grand miracle de Lourdes est le nombre de conversions qui s’y opèrent. Il est

étonnant de voir comment les plus grands malades ne prient pas pour leur guérison mais pour celle de leurs voisins…La prochaine fois que je retournerai à Lourdes ce sera comme brancardier. » Comme toujours Faustino pense plus aux autres qu’à lui-même.

Durant l’été 61 il fut donné à Faustino de ne pas s’ennuyer. Avec ses amis, il faisait des promenades à la campagne, allait à la pêche, s’exerçait au tir à la cible. Il ne lui était pas conseillé de nager mais il acceptait  avec  tranquillité de faire tout ce qu’on lui demandait de faire.

Sa grand mère se rappelle que, étant donné sa faiblesse physique, il lui était donné un verre de chocolat au lait à chaque repas. Parlant avec  ses cousins de leur nourriture préférée, sans réfléchir,  il déclara qu’il ne supportait pas le chocolat au lait car il lui donnait la nausée. Etonnée sa grand-mère lui demanda pourquoi il ne l’avait pas dit plus tôt. Faustino répondit: » Chère grand-mère tu me l’a donné avec tant d’affection  que je ne voulais pas te déplaire. » Encore une fois, Faustino avait fait passer les désirs des  autres avant les siens.

Cet hiver là, Faustino demande la permission d’aller à la campagne avec ses amis. Ses parents ne le lui permirent pas  mais lui  conseillèrent d’y aller plutôt au printemps si sa santé le lui permettait. Il écrit dans son journal:  » Je me suis senti très déçu… Je remercie Dieu  car maintenant j’ai dépassé cette déception. J’offrirai ce sacrifice pour les missions. Je souffrirai volontiers pour eux. »

 

LE DETACHEMENT DE L’ARGENT

 

Durant la retraite de 1962, Faustino pense à sa vocation et commence à apprendre le détachement.  » Je pense que ma vocation soit d’aimer Christ avec le désir  infini de le servir de la meilleure façon possible. Ce désir signifie aussi, si c’est nécessaire, de mourir pour Lui. »

Econome par nature, Faustino n’aimait pas dépenser son argent pour des choses frivoles. Durant cette retraite, il surprit  son directeur spirituel en disant qu’il se sentait trop attaché à l’argent. Il prit ses économies et les envoya, sous forme de livres, aux missions du Japon.

Faustino commence à penser aux problèmes du monde. Il écrit: » Pour beaucoup de chrétiens Dieu est un problème. ils ne veulent pas que Dieu les ennuie ou les dérange.  » L’argument fut discuté et approfondi au cours des réunions et Faustino commença à nourrir un grand intérêt pour les cours de sociologie. « Notre vie est trop facile. Nous sommes en péril. Tout est aisé et nous n’affrontons aucune vraie difficulté. Tout se déroule comme nous le désirons. On devrait être plus simple… » Non content de la théorie, Faustino se concentre sur les faits, réalisant de  petites choses qui étaient à sa portée. Il décida, avec son ami Ernesto, d’aider un jeune garçon de 14 ans qui travaillait comme ouvrier. Il lui donna des habits, de la nourriture, des médicaments et il allait le trouver en ami.

 

DERNIER ETE ET VOYAGE  EN EUROPE

 

Durant le printemps 1962, les parents de Faustino lui permirent  enfin de retourner à la campagne. Avec sagesse ils choisirent de le laisser profiter  à plein de la brève vie que Dieu lui avait donnée. Malgré sa mauvaise condition physique, il en fut profondément heureux. Durant le    mois de juin, il fait ses premières promesses dans la Congrégation. Il eut la joie, durant l’été, de partir en France et en Suisse, avec ses  compagnons. Dans une de ses notes il écrit:  » J’ai cherché de me rendre utile le plus possible. » Ses compagnons soulignèrent que  de se rendre toujours plus disponible faisait vraiment partie de son caractère.

Sa dernière année scolaire fut l’année de la maturité. En automne, la maladie se fit plus agressive. Les cures étaient désormais inutiles.

Faustino, avec la détermination de toujours et l’aide de sa mère,  s’habillait pour aller à l’école. Mais il ne pouvait y rester que la demi-journée et ensuite il étudiait au lit pendant l’après-midi. En janvier 1963 son corps était enflé et la douleur le tourmentait. Il accomplit son dernier devoir scolaire – la retraite spirituelle annuelle – vers la fin du mois. Dans les notes relatives à cette retraite, nous lisons une observation émouvante sur la mort:  » On doit maintenant accepter la mort. Mourir avec la Vierge Marie est merveilleux. Jésus fait que ma dévotion à Marie soit chaque jour plus grand.  Je veux être profondément uni à Elle. Elle m’aidera à mourir, et je mourrai  comme un vrai saint. Que je laisse venir la mort quand et où Dieu voudra. Celle-ci arrivera à l’heure, au lieu et de la façon qui sera pour moi la meilleure, envoyée par notre Dieu Père. Sœur la mort soit la bienvenue. « Souvent, pendant cette retraite, Faustino écrit:  » Sainte Vierge, enseigne moi à comprendre la valeur  de la mort.

Enseigne moi, Seigneur, la valeur de la souffrance. »

 

‘ PRET à MOURIR’

 

Le 4 février, le Père décide de parler clairement avec Faustino. Il lui révèle la gravité de sa maladie.  Faustino  lui dit avec une certaine ironie: »

Je voyais que les docteurs ne savaient plus à quel saint se vouer. »  » Es-tu prêt  à mourir si Dieu le veut ? » demanda le  prêtre.

 » Qu’en dites-vous Père: je suis prêt, n’est-il pas vrai ?  » Refoulant ses larmes, Faustino confessa:  » Seulement cela me déplait beaucoup pour ma maman et mon papa. Comme ils en souffriront ! »

Le 9 février il reçoit le Sacrement des Malades. Dans la dernière mention de son journal il exprime sa joie de l’avoir reçu.  » C’est merveilleux de l’avoir reçu en sachant  pleinement ce que j’ai reçu. » Il renouvelle ses promesses du baptême et écrit :  » Aides moi à offrir ces petits inconvénients pour les besoins du monde. »

 

DEVENIR UN SAINT

 

Faustino, qui était un garçon normal, était content quand ses compagnons venaient le voir et lui racontaient ce qui se passait à l’école. Il lisait beaucoup, priait et recevait la communion chaque jour. Le père lui rendit visite et demanda s’il tenait toujours ses objectifs de retraite.  » Oui, père: devenir un saint. »  » Bien. Tu t’efforces  vraiment de le devenir ?  » Avec un grand sourire, Faustino répondit:  » Vraiment ! Je pense que cela est une bonne méthode; qu’en pensez-vous ? »

 

MÛR POUR LE CIEL

 

Dimanche 3 mars, le Père vint lui faire une visite. Même si Faustino ne se lamentait pas, il était évident qu’il souffrait. Ses mains tremblaient  et quand le Prêtre lui demanda s’il était nerveux, Faustino répondit :  » Non, père, c’est seulement mon corps. Voilà si longtemps que je n’arrive pas à dormir. Mais en moi, je suis en paix. »

Le prêtre lui confia quelques demandes pour le ciel; l’une d’elles était de consoler ses parents. Faustino promit d’emporter avec lui ces  demandes. Puis il lui donna une bonne nouvelle: il reviendrait demain pour recevoir ses vœux comme marianiste. La  permission spéciale venait de lui  être donnée, en considération de son désir et de la gravité de sa situation. Mais Faustino fut marianiste seulement de désir.

Les dernières douleurs passèrent quand l’œdème commença a envahir ses poumons. A 11 heures il demanda à boire. Voyant que sa mère ne quittait pas son chevet, il lui demanda d’aller se reposer. Quelques minutes après il lui demanda de venir l’aider. Pendant que sa mère le soutenait, Faustino eut un sursaut et expira entre ses bras.

 

L’ULTIME LECON DE FAUSTINO

 

Faustino Pérez-Manglano était un garçon  tout à fait normal et heureux, qui irradiait de joie et de sérénité. L’exemple de sa vie, vécue dans la sainteté, a conduit à ouvrir son procès en béatification. Ses restes furent transférés en 1986 du cimetière de Valence à la chapelle du Colegio del Pilar, où il fut élève. A cette occasion, les paroles du Père, alors Supérieur Général des Marianistes, furent:  » Sa présence silencieuse sera un encouragement pour chacun d’entre vous, enseignants, parents, étudiants. Chacun se souviendra que, en cette vie, nous ne devons pas  nous contenter de peu, mais que nous avons la possibilité que nous devons choisir – d’arriver à un idéal chrétien et humain élevé, en vue d’améliorer le monde. » 

(Texte traduit de l’Italien par Louis Thabourey, S.M.).

 

 

PRIÈRE POUR DEMANDER DES GRÂCES PAR L’INTERCESSION DE FAUSTINO

 

Seigneur Jésus, tu nous donnes en Faustino un exemple d’accueil généreux de ton amour. Si c’est ta volonté qu’il soit glorifié dans ton Eglise, daigne le manifester en nous accordant la grâce que nous sollicitons. (Ici, préciser la grâce demandée.) Nous te le demandons par l’intercession de Marie, ta Mère, que Faustino a tant aimée sur la terre. Amen.

Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père.

 

Le Père José Maria Salaverri présente sur la vidéo ci-contre un bref aperçu de la vie de ce vénérable jeune homme en espagnol :  

 

Quiconque désirerait contribuer à la Cause de Béatification, ou signaler des grâces obtenues par l’intercession de Faustino, peut s’adresser, en Espagne, à:

Père José María Salaverri
Colegio de El Pilar (MARIANISTES)
Avenida de Blasco Ibáñez, 33 – 35
46021 – Valencia 
Espagne
E – mail: josemaria.salaverri@marianistas.org

 

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