Davantage de Radicalisme


FundamentalismLe « Radicalisme » est un terme qui connote actuellement la terreur et qui est confondu dans la plupart du temps avec l’intégrisme, le fondamentalisme, etc., comme le témoignent les grands titres de journaux à la suite d’un attentat terroriste par exemple. Ainsi, dans le cadre religieux, le « Radicalisme » dans sa mauvaise interprétation ou compréhension est amalgamé à l’intégrisme islamique, pourtant la majorité des religions présentent quelque chose de cet ordre. Au sein du catholicisme par exemple, le retour du clergyman, des soutanes, de l’habit religieux, ou la poussée de quelques groupes du « renouveau charismatique » est aussi associé à l’intégrisme religieux alors que les concernés clament de préférence un certain « Radicalisme ». Devant une telle ambiguïté, quel est le véritable sens du « Radicalisme » dans le catholicisme ?

La vie chrétienne n’a pas de sens sans « Radicalisme », car elle a pour fondement la croix du Christ : « […] nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens […] » (1 Co 1, 23) Alors que d’autres religions et de nombreux courants spirituels attirent leurs adaptes par le biais de garanties alléchantes telles la paix intérieure, le renouement avec son charma, l’expérience de l’amour, la rencontre avec les anges, la réussite tant sur le plan affectif que matériel, etc. ; le catholicisme semble demeurer en arrière, ringard, démodé, car elle offre à la suite du Christ le « Choix » et la « Croix ». Manifestement, la croix est le cœur de la foi chrétienne et la véritable expression du « Radicalisme » chrétien, car c’est le chemin sûr que le Christ offre pour demeurer dans l’Amour du Père. Ses bras étendus sur cette croix sont l’expression de la grandeur de son Amour. Au cœur de ce monde de plus en plus sécularisé où l’affirmation de sa foi en Jésus-Christ conduit à la mort, le catholicisme invite à l’instar du Christ à « Davantage de Radicalisme ». Notre Mère Église n’offre pas de garanti comme tous ces courants actuels, mais elle nous « […] envoie comme des brebis au milieu des loups […] » (Mt 10, 16) et ce en toute liberté avec l’assurance de la présence de l’Esprit-Saint, car marcher à la suite du Christ fait appel au renoncement de soi : « “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.” » (Mc 8, 34) Ce n’est rien d’autre qu’un appel à l’humilité, le véritable chemin vers la sainteté, et à l’exemple du Christ à supporter les rejets de la société, les critiques et le martyr, afin de témoigner de la cohérence de notre vie avec cette croix du Christ qui dérange tant. Le « Radicalisme » dont nous sommes appelés à nous imprégner pour marcher à la suite du Christ n’a de sens que si nous passions de « Maîtres » à « Serviteurs », que si nous nous dépossédions de nos titres, de nos pouvoirs afin de nous mettre au service du bien commun : « “Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous.” » (Mc 9, 35)

Alors, une vie chrétienne sans témoignage cohérent avec la croix du Christ au cœur de ce monde n’est pas ce à quoi nous invite notre Mère Église. Une vie chrétienne sans « Radicalisme » demeure vide de sens et insipide dans la mesure où elle est coupée de son fondement : la croix. Ainsi, le véritable « Radicalisme » chrétien est un rapport, une relation avec le Christ et les conditions qu’il donne pour marcher à sa suite. Ce n’est guère une imposition de principes ou d’idées d’une personne, d’un groupe sur ce qu’il faut faire, mais un choix libre et éclairé à la lumière de l’enseignement de l’Église, l’Épouse du Christ, qui vit de son Esprit. En ce sens, le port de tout signe religieux quelconque comme moyen de témoigner de sa foi en Jésus-Christ au cœur de ce monde ne peut en aucun cas exprimer dans sa totalité le « Radicalisme » de la foi, car c’est au-delà de ça.

Nous avons tant besoin d’être plus radicaux aujourd’hui, de témoigner du Christ au cœur de ce monde dans nos vies quotidiennes, de poser chaque jour des gestes de martyre, d’Aimer véritablement et à la manière du Christ le monde, les hommes et les femmes qui partagent notre quotidien. De toute évidence, le « Radicalisme » et la « Croix » sont indissociables, et de même, il n’y a pas d’Amour sans sacrifice et sans croix dans la mesure où la croix exprime l’immensité de l’Amour trinitaire pour l’humanité. Peut-on aimer sans sacrifice ou sans souffrir ? Cela s’avère impossible, car tout comme la résurrection passe par la croix, la vie chrétienne passe par le « Radicalisme » de notre foi.

© Léandre Syrieix.

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