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Des sources de bonheur pour aujourd’hui


Photo Leander Syrieix

Plusieurs personnes sont convaincues que leur bonheur dépend de la richesse matérielle qu’elles possèdent. Or, un proverbe stipule que « l’argent ne fait pas le bonheur, mais il contribue au bonheur ». Si on questionne des personnes de différentes conditions de vie au sujet de la source de leur bonheur ou encore de leur conception du bonheur, leurs réponses seront bien évidemment diverses et dépendront sans aucun doute de leurs valeurs, de leur vécu, de leurs idéaux, etc. Alors, la source de bonheur serait pour quelques personnes la santé. Pour d’autres, cela se résumerait à posséder des ressources suffisantes ou nécessaires pour vivre tandis que pour d’autres encore, ce serait simplement le fait de réaliser leurs envies ou leurs rêves. Alors, je me suis demandé : quelle est ma source de bonheur?

En réfléchissant à cette question, j’ai identifié quelques sources de bonheur inhérentes, selon moi, à toute personne en quelque lieu ou situation que ce soit. Manifestement, ces sources de bonheur peuvent surprendre dans la mesure où elles n’ont rien en commun avec le matériel ni avec ce que nous avons évoqué précédemment chez certaines personnes. Elles sont toutes des attitudes à cultiver qui ont plus de valeurs que l’opulence matérielle. Elles procurent une joie immense et une paix authentique. Il s’agit donc de la simplicité, de la douceur, de la sensibilité à la souffrance, de la recherche de justice, du pardon et de la recherche de la paix.

La simplicité

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. » (Mt 5, 3) Cette béatitude parle, selon moi, de la simplicité sur divers plans : matériel, émotionnel, spirituel, etc. En effet, lorsque nous nous lançons dans la quête de choses très complexes, il en résulte que nous ne sommes plus heureux dans la mesure où nous sommes submergés, angoissés, etc. À ce moment, nous vivons dans un certain idéal et nous sommes par conséquent déracinés de la réalité. Ainsi, il y a une sorte de distorsion dans notre conception des relations humaines, et même sur notre regard concernant les personnes qui nous entourent ou celles que nous côtoyons. Toutefois, la simplicité que j’évoque n’est pas à confondre avec le « simplisme » qui, selon moi, est synonyme de paresse, de laxisme et même une forme de « partisanat » du refus du moindre effort. Si nous cultivons la simplicité comme attitude dans toutes les dimensions de notre vie, nous verrons des effets très positifs dans nos relations interpersonnelles, amoureuses, familiales, professionnelles, etc. Par ailleurs, cultiver la simplicité comme attitude de vie pour soi facilite la vie des autres, car cela améliore nos rapports avec le prochain et nous procure la bienveillance. En ce sens, ce que nous disons à l’autre, ce que nous faisons à l’autre, ce que nous faisons pour lui est à la mesure ce que nous dirions de nous-mêmes, de ce que nous ferions pour nous-mêmes, etc. : « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. » (Lc 6, 38) La simplicité est une source de bonheur insoupçonnée. Si nous la cultivons, nous verrons toute la joie qu’il y a de vivre en ce monde.

La sensibilité à la souffrance

« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. » (Mt 5, 4) Il ne s’agit pas du masochisme ou du dolorisme. Si nous sommes attentifs à ce qui se passe en nous et autour de nous, nous verrons une certaine peur de la souffrance, un rejet de la souffrance, voire le déni de la souffrance tant individuelle que collective. Manifestement, elle est davantage considérée comme un échec, comme une injustice, comme une punition, comme une malédiction. Évidemment, si nous n’accueillons pas la souffrance comme faisant partie intégrante de l’existence humaine, comment pourrions-nous devenir solidaire de ceux et celles qui souffrent autour de nous et partout ailleurs dans le monde ? Comment pourrions-nous avoir de la compassion à leur égard ?

Il n’est guère possible pour nous de côtoyer la souffrance si nous n’osons même pas la regarder en face ni l’embrasser. Une telle attitude se reflète dans nos agissements au quotidien lorsque nous n’osons pas nous arrêter pour écouter une personne souffrante pour quelque raison que ce soit et qui a besoin de toute notre attention, que ce soit un inconnu ou un proche. Cette souffrance prend diverses formes : solitude, abandon, dépression, cancer, pauvreté matérielle, manque d’Amour, handicap physique ou psychologique, etc. Nous n’osons pas par exemple nous rendre solidaires des migrants, des réfugiés, etc., qui ont tout perdu et tout quitté pour survivre. Nous nous refermons alors sur nous-mêmes et devenons indifférents face à la misère humaine, et parfois nous sommes aussi indifférents à notre propre misère. Pourtant, développer la sensibilité à la souffrance nous permet d’accueillir la condition humaine, de nous enraciner dans la chair du monde, de nous accepter tel que nous sommes, de reconnaître que nous ne sommes pas parfaits, que les autres ne le sont pas non plus. Ainsi, cela nous permet d’accueillir les autres dans leurs vulnérabilités, dans leurs forces et leurs faiblesses. Développer la sensibilité à la souffrance nous donne également la possibilité de reconnaître qu’elle est essentielle dans l’existence humaine et cela doit susciter en nous des élans de générosité, de solidarité avec toute l’humanité sans distinction de race, de classe sociale, de conviction politique ou religieuse, etc. La sensibilité à la souffrance est alors une source de bonheur insoupçonnée dans la mesure où elle nous rend lucides à notre propre réalité, à celle des l’autre et nous pousse à nous accueillir mutuellement.

© Léandre Syrieix.

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