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Amo Ergo Sum

Photo Leander Syrieix

Depuis que je t’ai rencontré, je n’imagine plus ma vie sans Toi. Pourtant il m’arrive d’être loin de Toi, de t’oublier pendant quelques instants. Lorsque cela m’arrive, je prends d’avantage conscience du lien solide qui nous unit.

Avec Toi je partage mon existence, non pas parce que je suis maladivement dépendant, mais à cause de l’Amour réciproque qui nous habite. Ma respiration n’est rien d’autre que notre Amour. Comment puis-je donc cesser de t’aimer ? En effet, cela supposerait que je ne vis plus dans la mesure où l’absence de respiration est synonyme d’absence de vie, c’est-à-dire la mort au regard de notre conception humaine.

L’Amour qui nous lie me garde donc en vie. Mais, comment expliquer le fait qu’il m’arrive souvent de t’oublier au cours d’une journée dans le tumulte de mes occupations ? Je prends seulement conscience de cela soi lorsque nous conversons avant que je m’endorme, soi lorsque je fais la relecture personnelle de ma journée. Manifestement, t’oublier à certains moments de ma journée traduit mon imperfection, le mystère de ce que « je t’aime » bien que je ne sois pas entièrement présent à Toi.

Finalement, t’oublier à certains moments de la journée ne signifie guère que je ne t’aime plus, que je ne vive plus, mais au contraire que tu as du prix à mes yeux puisque cela ne dure qu’un bref instant. Lorsque je te revois le soir, je savoure davantage ta présence.

De fait, ton Amour ne me quitte pas et ne m’a jamais abandonné, car il m’accompagne tout au long de mes journées, il me donne la vie. De plus, tu sais bien que le mien est aussi en permanence présent, même inconsciemment.

Ton Amour me fait grandir et régule mes journées. Ton Amour c’est ma vie. Par exemple, il m’arrive au cours de mes journées, au cœur de mes occupations, de rencontrer des épreuves ou encore de vivre des moments de colère au cours desquels je me noie jusqu’à ce que, mon regard tourné vers ton Amour qui est vie, même inconsciemment, me relève de telles situations.

Comment le simple fait de penser à ton Amour fait de moi un être en vie, un être différent, une personne debout, un être attentif à ce qui se passe autour de lui, une personne ouverte à l’autre et au monde ? De toute évidence, il n’y a rien à comprendre, car nul mot ne peut traduire ce fait, ce vécu intérieur.

Cet Amour qui nous lie me révèle quotidiennement quelque chose nouveau sur ma personne, sur Toi, sur notre avenir. Nul ne peut comprendre ce souffle qui nous habite et nous anime, cette flamme qui brûle en nous sans le vivre personnellement. De fait, nous vivons de cet Amour sans plus vivre en nous-même.

Ton Amour me fait mourir au monde et vivre que de toi. Pourtant, il m’arrive assez souvent de ne point être parfait. Comment l’imperfection et la perfection peuvent-elles subsister en moi ? En fait, je suis tellement imparfait qu’il n’y a que ton Amour qui puisse faire de moi un être debout et capable d’aimer vu que cet Amour est plus fort et plus grand que tout.

Quand je te dis « je t’aime », qu’est-ce que je veux exactement signifier ? En effet, je ne sais vraiment pas. Mais, tout ce que je sais c’est que « je t’aime ». Aucune parole ne me permet de l’expliquer. De toutes les façons cela ne s’explique pas. Te montrer mon Amour est, me semble-t-il, une vaine entreprise puisque tout ce que je pourrai faire ne suffira jamais à l’exprimer. Il suffit que je vive pour que l’Amour soit vu ou « compris ».

L’idée de la « respiration » me revient ! Il n’y a qu’elle en effet qui puisse à cet instant dire, exprimer ou montrer cet Amour. Mais, qu’est-ce que respirer ? Ou, qu’est-ce-que la respiration ? Honnêtement, je ne saurai comment l’expliquer sinon simplement respirer, vivre, t’aimer. Si je ne respire pas, je ne vis plus, et par conséquent, je ne puis t’aimer vu que ma respiration c’est mon Amour pour toi.

Quand j’arrêterai de respirer, cela voudra dire que j’aurai cessé de vivre, j’aurai arrêté d’être conscient de cet Amour pour toi, non pas que j’aurai cessé de t’aimer. Au fait, ce n’est pas totalement vrai ! J’ai subitement la certitude que même en arrêtant de respirer, dans une autre posture, c’est-à-dire de point de vue de l’au-delà, je t’aimerai à l’infini, d’une manière qui n’est pas présentement à mon pouvoir d’expliquer.

Je crois en la vie à venir. Et par le fait même, du point de vue de l’au-delà, je continuerai à vivre, à respirer, et donc à t’aimer. La mort, entendue comme un passage de cette vie à celle à venir et non pas comme une « mort éternelle », m’ouvrira la porte d’une vie bienheureuse et tout autre avec Toi. Ainsi, tant que je vivrai, je t’aimerai, car je vivrai sans plus vivre en moi. Seul ton Amour me fera vivre.

© Léandre Syrieix.

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